Ma petite Redoute
Ma petite Redoute
Que reste-t-il de ma Redoute
Seuls les souvenirs du passé.
Que sont devenus ses remparts, sa route,
Ses meurtrières, ses jujubiers.
Ses deux portes si légendaires
Où tant de légionnaires sont passés.
Et nos morts vers le cimetière, ce beau jardin potager,
Le tennis, le triangle, son mûrier.
Au bas une maisonnette avec sa treille, ses beaux figuiers.
Plus bas le vieux moulin Cazès,
C'est là, qu'une de mes soeurs est née.
Ma mère l'avait appelée Louisette,
Parce que Louis Quinto lui avait demandé.
Au-dessus leur petite ferme,
Ils étaient trois frères boulangers.
Avec eux nous n'avions pas de misère,
Ils nous ont souvent dépannés.
Mon petit pont, ma petite rivière,
Le gros arbre, où j'allais grimper,
Imitant Tarzan l'homme singe,
Où souvent mes lianes ont cassé.
La route bordée de platanes,
Qui menait au Camp des chasseurs.
La piscine militaire,
La petite montagne, ses plants d'asperges.
Le petit marabout et son arbre
Où tant de ficelles sont restées,
Accrochées aux branches centenaires,
Que tous mes cerf-volants ont laissé.
De là je voyais la caserne,
La ferme David, ses oliviers.
Je voyais la fontaine maboule,
Le cimetière, ses hauts cyprès.
Que reste-t-il de ces images,
Seul le souvenir du passé.
Un rêve sans doute,
Que certains voudraient bien m'envier.
Adieu ma petite Redoute,
Et tous ces lieux que j'ai cités.
Je ne vous reverrai plus sans doute,
Mais jamais, je ne vous oublierai.
Poème de Antoine (Tonico) Garcia
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